5 leçons de vie données par mes chats

C’est l’été : l’occasion de publier un article plus léger sur ce blog. Léger, gracieux, délicat, indépendant (quoique), doux… Autant d’adjectifs qui caractérisent le chat. Personnellement, les deux félins qui partagent ma vie m’ont déjà fait don de plusieurs leçons dont voici un aperçu.

 

Cela fait un peu plus de deux ans que nous avons adopté le premier de nos chats, un Maine Coon mâle répondant à l’espiègle nom de Luffy. Le deuxième, une femelle très câline qui n’est autre que la véritable petite sœur de Luffy puisqu’ils ont les mêmes parents, prénommée Moon, est arrivée l’année suivante. A échelle d’une vie, cela ne fait pas si longtemps que ces deux félins partagent la mienne, et pourtant, ils m’ont déjà beaucoup appris.

 

1) Le silence

Je n’ai jamais été d’un naturel tapageur, mais il m’arrivait fréquemment d’écouter des disques lorsque j’avais du temps à la maison. Cela a changé depuis que nos chats sont là. Non pas que la musique les dérange, si tel était le cas, ils disposeraient de places de choix loin de mes platines pour faire leur sieste. En les observant, en écoutant leur paisible respiration d’endormis, leurs bâillements détendus, le passage de leur langue râpeuse sur leur fourrure, leurs ronronnements lorsque je passe nonchalamment ma main sur leur dos, le besoin d’écouter de la musique se fait moins persistant. Le chat a sa propre musique, fort agréable et apaisante de surcroît pour les mélomanes.

En ce qui me concerne, leur présence me permet de redécouvrir, me réapproprier et apprécier jusqu’à rechercher le silence. Sans bruits aigus ou sourds, sans rythmes soutenus, sans haussements de voix ; un silence méditatif et introspectif, apaisant et revivifiant.

Merci à  mes chats de m’avoir rappelé que c’était nécessaire et si bon.

 

2) Le coup de folie

Soit le passage d’un extrême à l’autre, et j’aime ce trait chez le chat. Ces moments où on les sent capables de tout, même du plus risqué, parce qu’ils sont provisoirement atteints de ce que l’on appelle leur « quart d’heure ». Un petit quart d’heure, pas plus, pendant lequel nos chats enchaîneront les pitreries, les courses poursuites, les escalades impromptues, ou encore les dérapages incontrôlés. Je crois qu’il est bon pour nous aussi d’être contaminés par ce « quart d’heure de folie » ; le partager en prime avec ses chats est absolument savoureux ! Savoir se laisser aller à rire quelques minutes à gorge déployée, courir, se cacher, grimacer, bref retomber en plein cœur de l’enfance ! Des états éphémères mais nécessaires pour se remettre au travail, rester humble et se connaître.

Merci à mes chats de veiller à ce que je n’oublie pas l’enfant toujours vivant en moi.

 

 

3) La sensibilité animale

J’ose contredire la pensée de nombreux philosophes : en observant mes chats, je ne peux que constater qu’ils sont pourvus d’une véritable sensibilité, et donc d’une âme. Comment expliquer qu’ils viennent me voir en ronronnant et en se frottant contre moi lorsqu’ils me sentent triste, qu’ils me voient ou m’entendent pleurer, si ce n’est parce qu’ils (res)sentent ma peine et veulent me consoler ? Et lorsqu’ils font une bêtise et que nous les grondons, ils nous montrent parfaitement qu’ils sont honteux, penauds ou bien qu’ils sont vexés, et ils nous boudent alors pendant un certain temps… ! Quel animal insensible pourrait agir de la sorte ? Les exemples de ce genre seraient encore bien nombreux si je devais tous les relater.

Quoi qu’il en soit, je remercie mes chats d’être sensibles au point de s’accorder avec ma propre sensibilité, d’agrandir ainsi mon champ des possibles et ma perspective de songe.

 

4) La responsabilité

Devenir propriétaire de deux chats, ce n’est pas rien ! D’autant plus lorsque ce sont deux Maine Coons, une pure race donc plus fragile que le commun des chats. Le Maine Coon est un chat beaucoup moins indépendant que ses « cousins » ; nous avons même affaire à deux pots de colle ! Il ne leur manquerait d’ailleurs que la parole (et quelques touffes de poils en moins…) pour les faire ressembler à de véritables bébés (gagatisme dans 5… 4… 3…), avec (presque) tout ce que cela implique comme vigilance et comme soins. Mes deux Maine Coons m’ont aidée à davantage me responsabiliser, à gagner en maturité, mais aussi à m’immuniser contre certains aléas gastriques pas très appétissants…

Je remercie mes chats de naturellement me/nous préparer au quotidien de maman/parents !

 

5) L’essentiel

Autrement dit, être enfin capable de se décharger du superflu ; ne plus passer par quatre chemins ni tourner autour de divers pots, mais aller le regard franc droit devant soi, naturellement, sincèrement, véritablement. Nos chats nous donnent l’exemple de la spontanéité et du vrai. L’hypocrisie s’arrête sur le pas de notre porte, la fausseté et le ressentiment ne sont pas conviés ; et cela rend la vie si agréable et douce !

Quelque chose ou quelqu’un vient rompre cette harmonie ? Il n’y a qu’à faire le gros dos, souffler un peu si besoin, et surtout s’échapper en un tour de griffe, aussi subtilement que le permettent les coussinets.

Attention de ne pas confondre cela avec une échappatoire ! Il s’agit de fuir ce dont on peut se dispenser, tout ce qui vient parasiter l’important. Le temps que l’on ne passe plus inutilement nous permet de vivre entourés de ce qui compte réellement, sans fioritures ni blablas, au creux d’un nid, en lien avec les êtres les plus chers, ceux qui sont réellement indispensables. Nos chats en font évidemment partie.

Merci à eux de donner l’exemple qui permet d’alléger mon esprit, de rendre ma route plus droite et mes rapports à autrui plus sains.

 

« On ne peut se fier à personne. Les chats, c’est autre chose. Une fois qu’ils t’acceptent dans leur vie, c’est pour toujours. » André Brink