Pourquoi il faut relire Les Misérables aujourd’hui

Aujourd’hui, c’est Nuit debout, ce sont les grèves et manifestations à répétition. Aujourd’hui, ce sont les faux débats, les Paris et France bafouées, calomniées. Aujourd’hui, c’est Verdun commémoré par Black M. Aujourd’hui enfin, c’est l’abnégation de l’Education, de l’Histoire et des Racines Françaises.

Aujourd’hui, ce sont autant de raisons de lire ou relire Les Misérables de Victor Hugo, pour réapprendre et se rappeler ce que sont la Culture, le Patriotisme, la France, l’Expression, le Progrès, les vrais.

 

Les Misérables nous rappelle l’essentiel

Ou devrais-je dire, les essentiels. La qualité visionnaire de Victor Hugo est incroyablement mise en valeur par son procédé de prédilection : ponctuer le récit narratif d’argumentations philosophiques dont il a le secret, et qui s’adaptent merveilleusement à notre contexte actuel.

L’insatisfaction du Peuple, ses idéaux, ses rêves ; l’inadaptation entre la réalité et ceux qui nous gouvernent… Cela donne heureusement lieu aussi à des représentations concrètes du Progrès.

L’entrepreneuriat en est un bel exemple : il intervient comme un réactionnaire face à la stagnation des politiques et par conséquent, à la stagnation de l’emploi et de l’économie. Pour reprendre le schéma hugolien, l’entrepreneuriat représente la rencontre entre divers idéaux et rêves de passionnés qui œuvrent pour le Progrès à tous les niveaux, et qui combattent ainsi leur insatisfaction du système classique.

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L’un des essentiels que nous rappelle Victor Hugo, c’est l’immortalité de notre Culture, et à-travers elle, de notre Histoire, de nos Racines, de notre Nature.

Je prendrai l’exemple de la tirade de Victor Hugo concernant l’argot : on ne rejette pas systématiquement, mais on s’informe pour apprendre à dompter cette langue à part entière, composée de mutations constantes, pour mieux la contrer en renforçant la richesse de notre Langue Française.

On voit clairement l’adaptation de cette revendication hugolienne aujourd’hui, avec les réformes à médiatisation variable de l’Education Nationale. Par souci d’intégration, on est prêt à déformer, aménager, transformer notre langue et nos principes d’éducation qui ont toujours fait leurs preuves. Au nom de la variabilité permanente de la langue, au nom de l’accès à l’éducation pour “la France d’en bas”, certains sont prêts à appauvrir, dénuder, abîmer, démystifier ce qui pourtant, relève du sacré : notre expression, nos principes, nos fondements. L’argot, contre lequel Hugo nous met en garde par son analyse de cette langue mutante, est fatalement vainqueur.

L’auteur des Misérables doit probablement ventiler sa tombe à force de s’y retourner, en constatant les désastres commis par nos semblables et pourtant traîtres.

Il en est de même avec l’Histoire, dont notre Langue fait naturellement partie. En lisant Les Misérables, en se rappelant la recommandation de son auteur de ne jamais oublier notre Histoire, le décalage est d’autant plus effarant avec l’actualité récente des commémorations de Verdun. On a risqué l’association d’un anniversaire historique et mémorable, avec un concert donné par un rappeur aux propos violents envers certaines catégories d’individus, soit ce qu’ont précisément combattu les soldats de Verdun, et ce pourquoi ils sont morts.

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Là n’est pas la question pour les esprits vides et prétendus défenseurs de la liberté d’expression : d’aucuns confondent l’incompatibilité entre des chansons et des faits historiques, avec le supposé racisme envers le rappeur Black M. Quelqu’un leur a-t-il dit que les réactions auraient été les mêmes si le rappeur avait été blanc ? Leur a-t-on expliqué que ce n’était pas la couleur de l’artiste qui était contestée, mais la teneur de ses chansons ?

Victor Hugo l’aurait bien mieux expliqué que moi, cela ne fait pas l’ombre d’un doute, il suffit d’admirer sa qualité d’historien, ajoutée à celles de romancier, de poète, de philosophe, de politique… pour en être persuadé.

Les Misères… de la pensée abâtardie par l’inculture, ou plutôt par le culte du néant… Une autre des luttes de Victor Hugo.

Et dire que tous n’auraient pourtant qu’à étendre le bras pour se saisir du chef d’oeuvre littéraire traité par cet article, sur l’étage de n’importe quelle bibliothèque, et y apprendre ce qu’eux-mêmes devront ensuite apprendre aux plus jeunes d’entre nous !

Les Misérables, bien plus qu’un roman en quatre tomes, est une encyclopédie du genre humain, de l’Humanité au sens large, avec tout ce qu’elle implique de grand, de terrible et de beau.

Une encyclopédie telle, que l’on se rend compte non sans cynisme, qu’au fil des siècles, rien ne change. Il y a toujours des bas fonds, il y a toujours et plus que jamais la révolution qui menace dans Paris ; révolution que je distingue d’inquisition, comme Victor Hugo me l’a appris.

L’inquisition portée par Enjolras et Marius était honorable, la révolution grondée par les syndicats et les étudiants pantouflards fait honte. Non pas que certains arguments soient injustes, mais les procédés pour les revendiquer n’ont rien de patriotique.

Il y a toujours des Gavroche, des Fantine, des Eponine… Comme il y a toujours des Ténardier et des Patron-Minette.

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Les Misérables fait du bien

Le titre de cette partie est souhaité aussi ingénu que la Nature dépeinte à plusieurs reprises par Hugo dans son oeuvre. Cette Nature insouciante, à mille lieues de tous les conflits d’intérêts alentour, apaisante, rafraîchissante, vénérable et sacrée, à l’image de son Créateur, quand on se donne la peine d’y croire. Tout comme l’Histoire, cette Nature est ancrée dans un cycle que l’Homme croit parfois pouvoir maîtriser, voire surpasser. Le cycle revient alors par-dessus tout et malgré tout, puisque c’est ici le péché originel.

En prenant le temps de contempler la Nature, cet infiniment petit, vient ensuite celui de la pensée vers l’infiniment grand. Victor Hugo, fidèle à lui-même, nous en donne des exemples magistraux, semés à-travers ses quatre tomes : l’Infini et donc la Religion, la Justice… Et au-delà de cela, l’Espoir en l’Homme comme être foncièrement bon puisque marqué par l’Amour, à un moment ou à un autre de sa vie.

La description de la prière des religieuses et de la situation dans les couvents m’a particulièrement marquée en ce sens. Les savoir toujours à l’oeuvre me rassure : il y aura donc toujours des priantes pour se sacrifier, et donc se sanctifier, à cause de nos péchés, et pour notre rémission à tous.

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L’acte de foi posé par Victor Hugo, bien qu’il ne personnifie pas Dieu de manière concrète, est également sans appel face à l’athéisme et au rejet du Dieu Amour. Il pourrait en convertir plus d’un grâce à sa simple démonstration que la thèse du néant s’annule d’elle-même, face à l’indéniable et omniprésent Infini. J’étais pleine de reconnaissance en le lisant !

Les Misérables font aussi du bien grâce à ses personnages emblématiques, créés pour raviver ce fameux espoir évoqué plus haut : Monseigneur Bienvenu et son inaltérable Foi en l’Amour de Dieu pour l’Homme, qui transparaît dans chacun de ses actes envers son prochain ; Jean Valjean bien-sûr, avec sa droiture, son sens de l’honneur, sa paternité, sa bonté révélés par sa conversion, qui font de lui un exemple ; Marius, toujours empli de candeur, de passion, d’entièreté et d’idéaux, digne représentant du romantisme idéal ; Cosette ou Lolita avant l’heure, la provocation en moins, car tout est pur chez Cosette, incarnation parfaite de l’enfance et de la féminité avant la souillure.

L’histoire d’amour entre Cosette et Marius ferait fondre n’importe qui, que ce soit de mélancolie face à leur attendrissant manège amoureux et leurs valeurs aujourd’hui rares ; ou même de rire doux face à des stratagèmes de séduction ou de la pudeur qu’on ne rencontre plus. Ils sont tout simplement émouvants parce qu’ils sont vrais et donc beaux : pas de dissimulation, pas de bestialité, pas de jeu mais seulement leur sincérité, leur coeur, leur respect l’un pour l’autre.

Comme il est bon de pouvoir se réfugier dans les pages des Misérables et de se laisser émouvoir aux larmes par les démonstrations de grandeur humaine de chacun de ces personnages ! Oui vraiment, Les Misérables fait un bien fou !

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Les affirmations et les engagements de Victor Hugo nous manquent cruellement aujourd’hui, mais serait-il écouté ? Il est permis d’en douter lorsqu’on voit comment sont traités et considérés ceux qui tentent de s’opposer à la décadence ambiante. “Nul n’est prophète en son pays” : probablement qu’un deuxième Jersey lui aurait été nécessaire…

Qu’on ne se méprenne pas, il ne nous manque pas un nouveau Victor Hugo, il nous manque véritablement le seul Victor Hugo qui soit, qui puisse avoir existé, le premier et le dernier prophète capable d’écrire Les Misérables, Bible écrite au XIXème siècle mais adaptable à tous les suivants, comme toute Oeuvre de cette envergure.

Qu’on se rassure : la Parole de Victor Hugo – n’écrit-il pas lui-même qu’on l’écoute et non qu’on le lit ? – ne disparaîtra pas tant que ses disciples continueront de témoigner pour lui et pour ses Idées.

 


 

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