Pourquoi j’ai quitté Twitter

Twitter, Twitter, que nous est-il arrivé ? Toi qui es resté pendant si longtemps mon réseau social préféré… Et puis d’un coup, voilà que je ne t’aimais plus. Tu étais trop exclusif, j’avais besoin d’air, je ressortais de nos entrevues énervée ou déprimée par les mauvaises nouvelles que tu m’annonçais… Je pensais que mon amour pour toi reviendrait, mais non : je ne supportais plus ton oiseau bleu et c’est moi qui étais en cage. J’ai donc pris une mesure radicale : j’ai supprimé mon compte chez toi. Adieu, Twitter. Comment en suis-je arrivée là ? Tu vas tout savoir, et vous aussi.

 

Cure de désintox numérique

Chaque année, pendant les vacances, j’abandonnais les réseaux sociaux, leur préférant naturellement les vagues et la plage, pour mieux les retrouver ensuite. A la rentrée, cette année, la donne avait changé : j’appréhendais de réactiver mon wifi et de retrouver le flot quasi ininterrompu de notifications, toutes applications confondues. Parce que l’aspect vicieux avec les « notifs », c’est que dès qu’on les remarque, on ne peut s’empêcher de les consulter instantanément… Il est presque frustrant de se forcer à les laisser de côté, comme si l’on n’achevait pas une tâche, ou qu’on laissait quelque chose en suspens.

J’en ai eu assez de cette dépendance involontaire, de ce gavage d’informations que je n’aurais jamais cherchées par moi-même (pour la plupart), de cette pollution cérébrale, de cet abrutissement gestuel et oculaire… La liste serait encore longue. A vrai dire, mon dégoût de Twitter est aussi violent que mon attachement à ce réseau social fut intense. Passée la période de cristallisation, ce sont les défauts qui l’ont emporté sur les instants d’enthousiasme virtuel.

L’enfer sur Twitter, ce fut aussi les autres, les « twittos » : dans les derniers temps de ma présence sur ce réseau social, les réflexions stupides, les anecdotes dénuées d’intérêt, les fautes d’orthographe et/ou de français/anglais, les insultes, les fausses informations et les mauvaises nouvelles étaient légion. Pourtant, je n’avais pas changé l’orientation des profils que je suivais, j’en supprimais même à la pelle pour tenter de rééquilibrer mon mur d’actualités… J’ai fini par réaliser que si je consultais le fil de tweets de bonne humeur, je devenais maussade voire énervée parfois, en refermant l’appli.

 

Et puis, quoi de plus horripilant que de passer un moment avec quelqu’un qui ne peut s’empêcher de consulter son téléphone au moindre bruit produit par ce dernier ? Ces gens-là ont-ils oublié à quel point il était appréciable de garder les yeux en l’air, plutôt que rivés sur leur écran tactile ? Hors de question pour moi de tomber dans ce piège, dont la pente est parfois très/trop savonneuse. J’ai donc commencé le processus de purge par Twitter, dont j’étais déjà lassée, de toutes façons.    

  

Twitter et l’ego

L’orgueil et ses démonstrations me faisant horreur, on peut dire, non sans cynisme, que pendant mes derniers temps chez lui, Twitter m’a gâtée ! Entre les auto-retweets ; les interminables monologues appelés « threads » en langage Twitter, qui s’étalent comme de la confiture (cherchez le clin d’oeil) ; et bien-sûr, la recherche absolue, au détriment du respect et de la courtoisie, du moindre « RT » ou « like »… La liste des tours de force égocentriques sur ce réseau social serait longue.

A bien y réfléchir, qu’est-ce-que Twitter, sinon des utilisateurs qui se repaissent de leurs propres tweets et du nombre de leurs followers ?

Je crois que tout utilisateur actif de Twitter bascule inévitablement dans ce piège à un moment donné ou à un autre, même pour un court laps de temps, et c’est bien le pire ! Je suis moi aussi tombée dedans, c’est avec honte que je l’admets.

Quand vous supportez déjà mal l’orgueil de ceux que vous êtes amené à côtoyer dans la vie de tous les jours, pourquoi vous infliger de supporter celui de sombres inconnus et le vôtre de surcroît, qui ne se serait pas manifesté sans un réseau social pour l’y aider ? Supprimer mon compte Twitter était le moyen le plus radical et sûr de ne pas retomber dans ce travers.

 

Twitter au chômage technique

Avant le mois de septembre dernier, je n’avais pas encore eu le bonheur de trouver un emploi (hors stages) véritablement épanouissant. Maintenant que c’est chose faite, je me rends compte que Twitter me servait d’exutoire, voire d’entremetteur : en parcourant le fil de tweets, je rêvais aux carrières, aux rencontres professionnelles, aux médias au sein desquels j’aurais souhaité travailler… Insatisfaite de mes précédents postes, je recherchais une échappatoire, je guettais la moindre accroche qui m’aurait permis de trouver ma voie. J’ai enfin fini par la trouver, et ce n’est pas du tout grâce à Twitter.

De même que l’on ne s’intéresse plus aux autres (sur le plan amoureux, j’entends) lorsqu’on a trouvé « sa moitié », il en va quasiment de même sur le plan professionnel : lorsque vous avez trouvé le travail qui vous correspond, aucune offre, même mieux payée, ne pique votre intérêt. C’est à peine si vous voyez son intitulé tenter de vous appâter.

Navrée Twitter, même pour le travail, tu ne me sers plus à rien. Tu es viré ! Il ne te reste plus qu’à pointer au Pôle emploi, mais je ne suis pas sûre que tu sois admissible à mes assedics.

 

J’ai donc quitté Twitter. J’ai claqué mes clics pour désactiver mon profil. Depuis, je vis et vois mieux. Je suis plus sereine, plus pacifique, plus libre. Mon smartphone ne s’en porte pas plus mal non plus, donc tout le monde y trouve son compte depuis que j’ai supprimé le mien. C’est un véritable bol d’air ! Prochaines ruptures de prévues : Snapchat et Instagram. L’addiction aux réseaux sociaux a trouvé son pendant : l’addiction aux départs des réseaux sociaux. Plus que « liker » : j’adore.